Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
cmongenre
cmongenre
Menu
ROBOCOP (1987)

L’histoire : Dans un avenir proche, les États Unis sont devenus une société gangrénée par la violence et la criminalité. Récemment décédé, le policier Alex Murphy devient le cobaye de la firme OCP, qui le transforme en robot flic programmé pour faire respecter la loi, peu importe la manière.

Mon avis : Nous sommes au milieu des années 80. A cette époque, Le réalisateur Hollandais Paul Verhoeven s'est déjà taillé une sévère réputation d'agitateur dans son pays natale, grâce à une poignée de long métrage associant le sexe et la violence.

Des films qui, si lui ont valu de nombreux problèmes en Hollande, ont également contribué à sa renommée ailleurs et notamment aux États Unis.

C'est dans le but de s'ouvrir vers d'autres horizons que Paul Verhoeven tourne La Chair Et Le Sang, coproduction en grande partie Américaine. Mais, le film fait un véritable four au pays de l'Oncle Sam.

Le réalisateur se retrouve donc dans une impasse, plus question de remettre les pays en Hollande, et le marché Américain qui semblait lui tendre les bras les a refermés aussi sec.

C'est alors qu’il entend parler de Robocop, un projet déjà proposé à plusieurs réalisateurs, dont David Cronenberg, qui l’a refusé. L'occasion est trop belle pour Paul Verhoeven, d'autant que les responsables de la société Orion lui garantissent une liberté totale. Et autant dire que le réalisateur ne va pas se gêner pour en profiter.

Le metteur en scène souhaite confier le rôle principal à l'un de ses amis, Michael Ironside. Mais, l'acteur est jugé trop costaud pour le personnage et finalement écarté, au même titre qu'Arnold Schwarzenegger ou Tom Berenger . Lance Henriksen, tout juste sorti du triomphe d'Aliens Le Retour, fut également envisagé, mais, c'est finalement un autre comédien, Peter Weller, qui décroche le rôle.

Au moment du tournage, l’homme n'est guère connu. Après avoir débuté au théâtre dans les années 70 en jouant une pièce mise en scène par Otto Preminger, il apparaît dans quelques petits rôles à la télévision avant d'incarner le personnage central du film, Les Joyeux Débuts de Butch Cassidy et le Kid, western tourné en 1979 sous la direction de Richard Fleischer.

Puis, quelques années plus tard, il incarne, à nouveau, le premier rôle, cette fois dans le film Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension.

Mais, c'est grâce à Paul Verhoeven et au personnage d'Alex Murphy alias Robocop, que l'acteur gagne les clefs de la célébrité. Pour lui donner la réplique, les responsables choisissent Stephanie Zimbalist, une actrice ayant essentiellement fait sa carrière à la télévision.

Mais, la comédienne est sous contrat avec la chaine NBC, qui s'apprête à lancer le tournage du pilote de la série, Les Enquêtes De Remington Steele. 

Nancy Allen, comédienne fétiche de Brian De Palma à la même époque, la remplace.

Viennent également s'ajouter, entre autres, Ronny Cox, Ray Wise, Miguel Ferrer, Dan O'Herlihy, Kurtwood Smith et Paul Mc Crane.

Dire que le tournage de Robocop ne sera pas de tout repos est un euphémisme. Entre Peter Weller se plaignant sans cesse du manque de souplesse de sa tenue de robot au point de menacer à plusieurs reprises de quitter le tournage, et les engueulades répétées entre le scénariste Edward Neumeier et le producteur Jon Davison, la situation vire à l'état de crise.

Une tension permanente que tente de gérer comme il peut le réalisateur, comme l'explique le responsable des effets spéciaux Phil Tippett : "Paul Verhoven était conscient de ses propres limites, Robocop étant sa première expérience sur un film de cette envergure. Nous nous sommes rapidement entendus, il n'y avait pas de longs débats". 

L'histoire se déroule dans une Amérique futuriste, plus précisément à Détroit, ville ou la criminalité à carrément explosé. Une violence qui arrange bien les affaires de la firme d'Omni Cartel des Produits, plus communément appelé OCP, dont le rêve est de raser la vieille cité de Détroit pour y créer de nouveaux bâtiments tout neuf que ses responsables renommeront Détroit City.

La firme OCP a également la main mise sur tout ce qui concerne la santé, l'armement, et même la justice. C'est dans le but de créer de nouveaux policiers, plus docile et malléable que ceux de chairs, que Richard « Dick » Jones, numéro 2 de la firme, présente son projet de robots flics avec le modèle ED 209.

Malheureusement, la démonstration se finit dans un véritable carnage et Jones se fait retirer le projet en faveur de Bob Morton, un jeune cadre aux dents longues. C'est ainsi que ce dernier présente sa vision de la chose au grand patron d'OCP : Un flic fraîchement décédé qui sera transformé en machine métallique prénommé Robocop. Il ne reste qu'à attendre qu'un policier soit tué, ce qui ne tarde guère.

Car, à quelques mètres de là, le flic Alex Murphy effectue son premier jour dans le secteur, en compagnie d'un nouveau coéquipier, l'officier Anne Lewis. Ce sera aussi son dernier jour.

Victime d'un véritable lynchage de la part d'une bande de voyous, sous les yeux de sa coéquipière, impuissante, Murphy est transporté à l'hôpital ou il décède rapidement de ses blessures.

Bob Morton saisit l'occasion et fait rapatrier le corps dans le laboratoire d'OCP. Alex Murphy devient ainsi Robocop, une machine programmée pour faire régner la justice, qui fait rapidement ses preuves. Mais, dans l'ombre, Richard Jones prépare sa vengeance.

Avec Robocop, Paul Verhoeven et son scénariste Edward Neumeier en profite pour tirer à boulet rouge sur tout ce qui bouge, le monde des médias et son arrivisme, l'avidité d'une société incontrôlée, ou l'attirance d'une certaine forme de violence se situant en chacun de nous, à travers un récit où se mêle une figure purement christique, celle du héros, et un coté chevaleresque.

Malgré le fait qu’ils aient été tournés à quelques années d'écart et que les deux longs métrages mettent tous deux en tête d'affiches un ou des robots, précisons tout de même que le héros mit en scène par Paul Verhoeven n'a rien à voir avec le personnage du Terminator poursuivant sans relâche Sarah Connor dans le long métrage de James Cameron.

Car, l'une des principales différences vient du fait que Robocop, malgré sa carrure de justicier et ses actes héroïques, garde en lui sa part humaine, représenté par des souvenirs de sa vie d'avant, concernant surtout sa femme et son fils, toujours vivace. Au passage, aucun scientifique du film ne sera en mesure d'expliquer pourquoi, malgré le fait que sa mémoire a été effacée, Alex Murphy continue à revivre ses moments passés, une preuve que l'âme reste la plus forte, même lorsque le corps est enfermé dans une carcasse de métal.

Aujourd'hui encore, Robocop n'a rien perdu de sa force, de sa virulence et de sa violence. Même si ce n’est pas mon film préféré du réalisateur, ça reste une œuvre culte marquant la naissance d'un héros plus humain que les apparences ne le laisse penser, et c'est finalement ce qui le rend attachant.