L'histoire : Cinq amis traversent le Texas à bord d'un minibus. A court d'essence, Le groupe décide de s’arrêter prêt d'une maison isolée. La rencontre avec ses étranges habitants va leur être fatale...
Mon avis : Cinéaste à la filmographie en dent de scie, Tobe Hooper restera surtout connu pour Massacre à la Tronçonneuse, réalisé en 1974.
Tourné avec peu de moyens et des comédiens débutants, le long métrage tourne autour d'un groupe d'adolescents constitué, notamment, de Sally Hardesty et de son frère handicapé Franklin. Ceux-ci se rendent dans la demeure, désormais abandonnée, ou la jeune fille a grandi.
En chemin, ils prennent en auto-stop un curieux bonhomme dont le comportement s'avère, pour le moins, inquiétant. A tel point qu'ils finissent par le laisser au bord de la route.
Découvrant ensuite qu'ils n'ont plus d’essence pour repartir, deux des membres du groupes se rendent dans une maison étrange après avoir entendu fonctionner un générateur.
Ce sera leur première erreur, ainsi que la première rencontre avec le charismatique Leatherface (personnage inspiré par le tueur en série Ed Gein), psychopathe complètement à la masse, adepte du charcutage à la tronçonneuse et membre d'une famille de cannibales.
Tobe Hooper signe une œuvre unique, ou la folie à rarement autant imprimé la pellicule, et ce, de la première (le cadavre dépecé) à la dernière image (Leatherface brandissant son arme fétiche).
Plutôt que d’œuvrer dans le gore à outrance (d'ailleurs, le film n'est pas aussi sanglant que sa réputation le laisse prétendre), le réalisateur à l'intelligence de jouer, avant tout, sur sa mise en scène.
Lors de sa sortie, Massacre A La Tronçonneuse déclenche un véritable scandale aux États Unis, tandis que la censure Française impose une interdiction totale d'exploitation sur le territoire. Le long métrage de Tobe Hooper mettra huit ans avant de pouvoir ètre apprécié dans sa version intégrale chez nous. Quant au Royaume Unis et en Finlande, il faudra attendre 28 ans pour qu'enfin, le long métrage soit disponible.
Il n'est, d'ailleurs pas étonnant que le film ait eut autant de problème.
Car, avec Massacre A La Tronçonneuse, Tobe Hooper se permet de brandir un miroir peu reluisant à un peuple Américain (en particulier, celui du Texas) qu'il montre comme sérieusement malade.
Ça ne se limite, d'ailleurs, pas à la famille de psychopathe dépeinte dans le film, puisque, dès la première scène, alors que nos adolescents sont encore loin du cauchemar qu'ils vont vivre par la suite, ils font une halte dans un cimeterre gardé par un shérif au comportement pas franchement rassurant.
Le réalisateur prend le temps d'installer un climat de folie qui explosera durant la fameuse scène du dîner familiale, filmé à grand coup de zooms frénétiques sur le visage de la seule survivante, et bien aidé par une bande son ou se mêlent les rires de la famille de psychopathe et les hurlements de la jeune femme, le tout sans aucune musique rassurante.
Pour l'anecdote, Tobe Hooper expliquera par la suite avoir choisi la tronçonneuse comme principale arme pour son long métrage parce que le bruit de l'engin était le seul capable de couvrir n'importe quelle musique de fond, des tronçonneuses qui, au passage, fonctionnaient vraiment lors du tournage, ceci afin d'augmenter l'aspect véridique du film.
Aujourd'hui, Massacre A La Tronçonneuse à rejoint la liste des films d'horreurs les plus importants de tous les temps. Une distinction amplement mérité pour un long métrage absolument essentiel.