L’histoire : Une équipe de journalistes se rend dans la jungle amazonienne pour y tourner un reportage sur le mode de vie des tribus primitives. Plus personne n’entendra parler d’eux. Plusieurs mois plus tard, une autre équipe se rend sur place pour essayer de comprendre ce qui s’est passé. Mais, sont-ils vraiment prêts à connaitre la vérité ?
Mon avis : A l'instar du film de La Nuit Des Morts Vivants, qualifié, à tort, de premier film à mettre en scène des morts vivants (alors qu'il s'agit en vérité d'une œuvre tourné dans les années 20 et baptisé White Zombie), Cannibal Holocaust ne marque pas non plus la première apparition d'anthropophages au cinéma.
En 1962, deux jeunes réalisateurs Italiens avait déjà tourné Mondo Cane, une sorte de documentaire sur la vie et les coutumes de tribus cannibales.
Quinze ans plus tard, c'est au tour d'un autre metteur en scène, Ruggero Deodato, de s'attaquer au sujet avec Le Dernier Monde Cannibale.
Suite au succès de ce dernier, un producteur Allemand contacte le metteur en scène pour qu'il réalise un second film d'anthropophages. Ce sera Cannibal Holocaust.
A sa sortie, le film crée un scandale sans précèdent. Plusieurs pays interdisent purement et simplement le long métrage, quand d'autres préfèrent censurer certaines des scènes les plus difficiles.
De nombreuses rumeurs entourent le tournage du film. On accuse notamment Ruggero Déodato d'avoir massacré de véritables animaux, voir, la majorité de ses acteurs.
Si la seconde affirmation s'avèrera fausse, la première est, elle, bien réelle et enverra le metteur en scène devant un tribunal où il sera poursuivi et jugé pour cruauté envers des animaux.
Avec le recul, le réalisateur avouera son regret d'avoir tourné ces scènes et tentera même de lancer le tournage d’un remake de Cannibal Holocaust en 2009, sans massacre d'animaux. Un projet qui n'aboutira finalement pas.
C'est en constatant l'intérêt que son propre fils porte à des programmes télévisés jugés violent que Ruggero Deodato à l'idée de réaliser une œuvre pointant du doigt le sensationnalisme que recherchent trop souvent les médias et les dirigeants de chaînes.
L'histoire de Cannibal Holocaust comporte deux parties. Dans la première, on apprend que plusieurs journalistes ont disparus dans la forêt Amazonienne. Ces derniers étaient partis faire un reportage sur une tribu anthropophage aussi mystérieuse qu'elle est réputée dangereuse.
Un professeur d'université, spécialiste dans ce domaine, est envoyé pour les retrouver. Sur place, il constate surtout l'attitude pour le moins hostile des autochtones. Malgré tout, il parvient à gagner leur confiance et reviens avec les vidéos tournés par l'équipe, dont les cadavres ont été découvert sur place. L'occasion de comprendre ce qui s'est réellement passé.
C'est là que commence la seconde partie du film, tourné à la manière d'un reportage. Il faut bien admettre que jusque-là, hormis une scène particulièrement gratinée ou une femme de la tribu est punie d'adultère de manière particulièrement barbare, Cannibal Holocaust n'a pas encore dévoilé les raisons qui ont justifié son aura de film choc. Ce qui ne saurait tarder, car, la révélation des images tourné par les journalistes va rapidement virer au sordide.
On découvre alors un inversement de valeurs, les membres de la tribu apparaissent alors comme des victimes de personnes dites "civilisés", mais, qui vont se conduire comme si la jungle leur appartenait. Viol, torture et sauvageries s'enchainent devant une caméra qui capte goulûment le spectacle.
Ruggero Deodato n'hésite pas à aller très loin pour faire passer son message, et, au final, le professeur d'université apparaît comme le seul, dans cette histoire, à avoir encore conscience du bien et du mal.
Dire que Cannibal Holocaust ne plaira pas à tout le monde est un euphémisme, comme ce fut déjà le cas lors de la sortie du film. Mais, derrière le coté gore du film, Ruggero Deodato a le mérite de faire réfléchir sur la soi-disant frontière entre l'homme dit civilisé et les tribus d'Amazonie. Après tout, sommes-nous si différents ? Au fond, c'est peut-être la réponse qu'apporte le réalisateur à cette question qui a sans doute le plus gêne les détracteurs du film. Quoi qu'il en soit, et cela même si je n'apprécie pas les sacrifices d'animaux vivants que filme le réalisateur et qui, pour moi, n'apporte rien au long métrage, je reconnais totalement le statut de film culte entourant Cannibal Holocaust, et le fait que le film, même trente ans après, n'a pas pris une ride.