L'histoire : En moto avec son compagnon, une jeune femme est victime d'un grave accident. Le drame s'est déroulé à proximité d'une clinique spécialisé dans la chirurgie esthétique. En très mauvais état, la jeune femme est prise en charge rapidement et les médecins décident de tenter sur elle une opération révolutionnaire. Ils sont loin d'en imaginer les conséquences.
Mon avis en bref : A la fin des années 70 est créé au Canada un nouveau système de financement de longs métrages à destination des jeunes cinéastes.
L’objectif est, à la fois, de pouvoir leur permettre de montrer de quoi ils sont capables tout en assurant un système d’exportation à destination d’autres pays.
Au final, un seul cinéaste va bénéficier de cette aide. Il se nomme David Cronenberg. En 1974, après deux long métrage expérimentaux, il réalise Shivers, ou Frissons chez nous.
Officiellement, il s’agit de son premier véritable long métrage et autant dire qu’il va en surprendre plus d’un par son coté radical.
Le cinéaste y développe déjà la plupart des thèmes qui jalonneront ses œuvres futures. Fort de cette première expérience satisfaisante, David Cronenberg décide de persévérer dans la même veine avec un nouveau film, nommé Rabies ou Rage en France.
Cette fois, David Cronenberg souhaite engager des comédiens un peu plus connu, et, notamment Sissi Spacek, dont il a adoré la prestation dans Carrie Au Bal Du Diable.
Mais, l’un des producteurs, un certain Ivan Reitman, futur réalisateur de S.O.S Fantômes ou Évolution, lui fait comprendre que le salaire de la comédienne est devenu trop élevé pa rapport au budget du film.
C’est finalement Maryline Chambers, connue en tant que star du X grâce au film Derrière La Porte Verte, qui est engagée.
Elle est notamment entourée de Frank Moore, Joe Silver ou Susan Roman.
L’histoire de Rage commence au moment ou un couple est victime d’un terrible accident de moto à proximité d’une clinique psychiatrique.
Si l’homme n’a que peu de blessures, sa compagne est plus gravement touchée. Dans le coma et grièvement brûlée, la jeune femme va subir une nouvelle technique de greffe. On lui prélève de la peau saine au niveau de la cuisse pour le regréffer dans les parties endommagés.
Un mois s’écoule et tout semble s’être bien passé, hormis le fait que la jeune femme ne se soit toujours pas réveillé. Une nuit, elle émerge enfin et ressent rapidement une énorme fringale. Rien ne parvient à la rassasier hormis du sang frais.
Désormais munie d’un orifice au niveau du dessous de bras, la jeune femme commence à multiplier les victimes, à qui elle injecte le virus de la rage. Lorsqu’elle sort de la clinique et retourne en ville chez une de ses amies, l’épidémie ne tarde pas à se propager dans Toronto, et le cauchemar commence pour les habitants.
Si Frissons avait déjà montré à quel point David Cronenberg était en colère contre la société bien pensante, Rage confirme cette état de fait avec une œuvre encore plus violente.
Désormais, ce n’est plus dans un immeuble cossu que l’épidémie se propage, mais, dans une ville toute entière, en l'occurence Toronto. Le réalisateur montre des individus obsédés par leur apparence, au comportement dicté avant tout par leurs pulsions, notamment sexuelles en ce qui concerne les hommes.
Pour David Cronenberg, l’être humain n’est qu’un animal et il en faut peu pour qu’il retourne à ses instincts primaires. Encore aujourd’hui, Rage n’a rien perdu de sa force, même si le film n’est pas exempt de défauts.
L’œuvre montre a plusieurs reprise un coté amateur, notamment dans sa réalisation et certains de ses effets.
De la même manière, le casting est assez inégal. Si Maryline Chambers ne s’en sort pas trop mal, ce n’est pas le cas de Frank Moore, pas franchement crédible en compagnon éploré.
Mais, ça n’empêche nullement Rage de constituer un très bon long métrage, pleins de sens et de force, mème si j'avoue lui préférer Frissons, dont il constitue une sorte de suite.