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THE WITCH (2015)

L’histoire : Nouvelle Angleterre, en 1630. Après avoir formulé ouvertement des critiques envers l’église, William et sa famille sont chassés de Salem et s’installent dans un lieu isolé, à proximité d’une étrange foret. Mais, des évènements étranges commencent à se produire et cette nouvelle vie va se transformer en cauchemar.

Mon avis : Alors qu’approche la sortie très attendue de Nosferatu de Roger Eggers, prévue pour fin décembre, je vous propose de revenir aujourd’hui sur le premier long métrage du cinéaste, The Witch, réalisé en 2015.

Tourné avec des moyens réduits et un casting composé de comédiens inconnus, le film s’inspire de légendes du 16-ème siècle concernant de prétendus faits de sorcelleries.

Au casting, on trouve notamment Anya Taylor-Joy, dont c’est le premier grand rôle au cinéma et très loin d’être le dernier, mais, aussi Ralph Ineson (qu’on reverra dans Nosferatu) et Julian Richings.

L’histoire de The Witch tourne intégralement autour d’une famille, et commence au moment où le père décide de quitter sa confrérie. Fervent catholique au point d’en être un intégriste, il emmène sa famille dans une ferme isolée, convaincu que vivre à l’écart permettra à tous de renforcer leur foi en Dieu.

Les problèmes commencent lorsque le bébé de la famille disparaît soudainement. Thomasin, l’aînée, qui était chargée de le surveiller, se retrouve immédiatement soupçonnée. Mais, pour la famille, les malheurs ne font que commencer. Entre les récoltes qui ne poussent pas, et les éléments mystérieux qui s’enchaînent, comme une nouvelle disparition, celle du second enfant de la fratrie, c’est la psychose qui s’installe progressivement, entraînant la famille vers une issue inexorable.

Autant le dire, ceux qui ne jurent que par les productions d’horreur actuelles risquent de faire la tronche devant The Witch.

Avec son premier long métrage, Robert Eggers nous ramène en arrière, signant ainsi une œuvre qui rappelle bien plus le cinéma des années 70, une époque où les metteurs en scènes avaient comme principal ambition de raconter une histoire, en prenant le temps de la développer.

Ne s’appuyant ni sur le gore, ni sur les effets faciles, le réalisateur laisse lentement monter la tension, s’attachant à dépeindre le cauchemar d’une famille finalement piégé dans ses propres croyances.

Le père de famille révèle ainsi progressivement son vrai visage : Celui d’un homme dont la lâcheté semble sans limites. Il n’hésite pas à laisser sa fille se faire accuser à sa place, ou à discrètement emmener son fils dans une forêt réputé maudite, menant ainsi l’enfant, sans le savoir, à sa perte. 

Avec son film, Robert Eggers ne cherche jamais à s’attirer les faveurs du public, notamment en ne donnant jamais aucune explication détaillée sur ce qui se passe à l’écran. Une des particularités qui rend The Witch si fascinant, ajouté à une interprétation sans faille. Bref, le long métrage n’est peut-être pas pour tous les publics, mais, pour ceux qui accepteront de se laisser embarquer par le film, le voyage vaudra le détour.