L'histoire : Seth Brundle vient de mettre au point une cabine de téléportation qui permet de transporter la matière à travers l'espace. Lorsque le scientifique décide de tester son invention sur lui mème, il ne se rend pas compte qu'une mouche s'est glissé dans l'appareil. En apparence, l'expérience est un succès, mais, les apparences sont parfois trompeuses.
Mon avis : Remake de La Mouche Noire avec Vincent Price, La Mouche est d'abord un projet de la société Fox qui, sur la base d'un scénario relativement fidèle à celui du long métrage d'origine, engage Tim Burton à la réalisation.
A cette époque, le bonhomme est surtout connu pour ses courts métrages très remarqués, mais le studio lui accorde une certaine confiance.
Pourtant, le metteur en scène finit par décliner la proposition.
Après que Robert Bierman, un autre réalisateur, ait du abandonner pour raison familiale, c'est finalement David Cronenberg qui emporte le morceau.
D'emblée, le réalisateur Canadien impose une condition : Remanier comme il l'entend le script de base.
Pour incarner le rôle-titre, il choisit d'abord Michael Keaton, mais, finit par opter pour Jeff Goldblum.
Et, dans le rôle de la journaliste amoureuse du scientifique, quoi de mieux que de prendre la compagne du comédien, à l'époque, à savoir Geena Davis.
Le cinéaste demandera d'ailleurs aux deux acteurs de reproduire leur vie de couple à l'écran. Pour le reste du casting, on trouve, notamment, John Getz et David Cronenberg lui mème, le réalisateur s'autorisant un petit caméo dans les dernières minutes de métrage.
L'histoire tourne autour de Seth Brundle, un scientifique peu habitué à la vie mondaine, et qui participe pourtant à une soirée durant laquelle il rencontre Veronica Quaife, une jeune journaliste.
D'abord peu convaincu par cet homme au comportement étrange, la jeune femme finit par suivre le scientifique dans son entrepôt ou il vit et travaille. Il lui révèle alors la nature de ses travaux, portant sur la téléportation et lui propose de réaliser un reportage filmé.
Veronica accepte et tombe rapidement amoureuse de Seth Brundle, au grand dam de Stathis Borans, le patron de la journaliste et aussi son ex compagnon qui aimerait bien la reconquérir.
Un soir, le scientifique est pris d'une violente crise de jalousie et se saoule à tel point qu'il finit par entrer dans sa machine et se téléporte lui-même. Il n'a pas remarqué qu'une mouche était entré dans l'appareil. Lorsque Seth Brundle ressort de l’expérience, un compte à rebours se met en marche, car, les cellules de son corps ont fusionné avec l'animal et le scientifique s'apprette à subir une transformation lente, mais, irréversible.
Chose assez rare pour être souligné, avec le temps, La Mouche finira par éclipser presque totalement son modèle. Il faut dire que le sujet prend ici une résonance et une profondeur peu commune.
David Cronenberg illustre, une nouvelle fois, les dérives de la science et la mutation du corps humain, à travers un scénario qui pourrait s'apparenter à une version moderne de La Belle Et la Bête, mais, de manière inversée puisque Seth Brundle est humain et deviendra un monstre et non le contraire.
Car, le réalisateur prend son sujet très au sérieux et ne cherche jamais à l’alléger par des notes d'humour. De ce fait, il nous plonge progressivement dans un véritable cauchemar qui ne pourra déboucher que sur une seule issue (ne vous attendez donc pas à une fin heureuse).
Si, dans un premier temps, David Cronenberg s'attache à dépeindre un triangle amoureux (Seth Brundle et Stathis Borans partagent une chose : le même amour pour la même femme qu'ils ont peur de perdre), la réalité terrifiante qui se met en place vient progressivement contaminer l'intrigue.
Naturellement, si la réussite de La Mouche est en grande partie imputable à David Cronenberg, il n'en est pas l'unique responsable. Il faut, d'abord, saluer le travail de Chris Wallas, responsable des effets spéciaux et qui signera le second opus, qui réalise un travail fantastique, notamment sur le comédien Jeff Goldblum lors de scènes de transformation saisissantes et terrifiantes, qui n'ont rien perdu de leur impact (je défie quiconque, même les plus endurcis, de ne pas esquisser une mine de dégout lors de la scène ou Seth Brundle montre comment il ingurgite les aliments en tant que mouche).
On peut vraiment dire que Cronenberg à eut raison de choisir un couple de comédien à la ville, car, l'alchimie entre Jeff Goldblum et Geena Davis parait naturelle dès les premières secondes. En outre, le comédien obtient ici l'un de ses plus grands rôles, et les plus terrifiants et triste également.
A la fois effrayant et émouvant, La Mouche demeure un véritable classique du genre, porté par le talent d'un grand réalisateur, des comédiens impliqués et une bande original inoubliable. Bref, un film culte qui n'a rien perdu de sa force, même des années après sa création.